Le projet d'implantation d'une formation vétérinaire porté par UniLaSalle en 8 questions-réponses

Pourquoi ce projet ?

Ce projet, dont les prémices remontent à 2008, vise à apporter une réponse à plusieurs problématiques rencontrées au niveau de la profession vétérinaire, non sans impact sur l’ensemble des filières production animale et industries agroalimentaires.

La première est sans aucun doute la pénurie de formation de vétérinaires en France : 44% des nouveaux vétérinaires inscrits à l’Ordre National des Vétérinaires annuellement sont formés à l’étranger (chiffres de 2019), principalement en Europe.

La deuxième raison est d’apporter une formation alternative sur le territoire français pour répondre aux tensions dues au manque de médecins vétérinaires dans certaines filières de la médecine vétérinaire : médecine vétérinaire en milieu rural, vétérinaires spécialisés en animaux de rente et en sécurité alimentaire (IAA et abattoirs), pharmacie vétérinaire, …

En quoi ce projet s’inscrit-il dans la stratégie d’UniLaSalle ?

Ce projet s’inscrit dans la prolongation des formations déjà proposées à UniLaSalle, au croisement entre l’agriculture et la santé. Les sciences de la médecine vétérinaire viendront compléter nos compétences et notre expertise de notre groupe dans les sciences de la vie et de la Terre. Les équipes de recherche de cette nouvelle école contribueraient notamment aux projets autour de « One Health », l’approche multisectorielle de l’OMS de la santé globale, en enrichissant nos compétences et connaissances sur la santé animale.

Par ailleurs, le lien particulier qu’entretient UniLaSalle avec le milieu rural (organisations professionnelles agricoles, industries agroalimentaires, Ministère de l’Agriculture…) constitue un atout majeur pour créer une formation vétérinaire adaptée aux besoins des professions agricoles et vétérinaires notamment en orientant celle-ci vers les filières de médecine vétérinaire d’animaux de rente et vers les enjeux de sécurité alimentaire.

Quelle serait la différence avec le cursus des écoles vétérinaires publiques ?

La formation répondra aux mêmes cahiers des charges que les écoles nationales vétérinaires (ENV), à savoir celui de l’association des établissements européens d’enseignement vétérinaire (AEEEV)1 et du Ministère de l’Agriculture. Le diplôme délivré permettra d’exercer la profession de la même manière.

Les différences notables seront les suivantes :

  • Cycle préparatoire intégré pour l’ensemble des étudiants, permettant un raccourcissement de la durée des études à 6 ans, au lieu de 7 à 8 ans pour le cursus classique (prépa + école vétérinaire).
  • Modalités de recrutement différentes (admission ParcourSup).
  • Préparation à la pratique en milieu professionnel importante : plus de stages, plus d’expériences en cliniques, …
  • Parcours de spécialisation orientés vers la médecine vétérinaire rurale, la sécurité alimentaire en industrie agroalimentaire et l’industrie pharmaceutique/recherche.
  • Expérience internationale obligatoire.

Sur quel site ce projet serait-il implanté ?

La formation vétérinaire serait créée sur le site de Rouen, ce site présentant de nombreux avantages :

  • Une cohérence avec l’environnement local : la Normandie est une importante région d’élevage (bovins lait et viande, équin), proche également de la Bretagne Nord (bovin lait, porc).
  • Une zone de chalandise pertinente sur l’agglomération rouennaise pour disposer de suffisamment d’animaux sains et malades.
  • Un positionnement Nord de France (à l’interface Normandie/Hauts-de-France) qui n’abrite pas d’école vétérinaire aujourd’hui.
  • Un partenariat avec la Faculté de Médecine de Rouen pour la coordination des thèses d’exercice de 6e année.
  • Des infrastructures déjà existantes (campus du Mont-Saint-Aignan, proximité avec les fermes de Maurepas et Beauvais). Ce projet nécessiterait cependant la construction d’infrastructures spécifiques à la formation vétérinaire : hôpital clinique, salle d’autopsie, salles de TP, …

Combien l’école accueillerait-t-elle d’élèves par promotion ?

Nous nous projetons sur des promotions de 120 étudiants, soit un effectif sur les six années d’environ 750 étudiants.

Combien d’enseignants sont requis pour cette formation ?

L’encadrement de la formation vétérinaire est réglementé, notamment par l’AEEEV. Afin d’accueillir les 750 étudiants, UniLaSalle devra former une équipe d’environ 90 enseignants-chercheurs, soit plus de 150 postes en comprenant les administratifs et autres personnels (labos notamment).

Pour cela, UniLaSalle s’appuiera sur les compétences déjà présentes dans les sciences animales (animal sain et élevage) et recrutera les profils manquants. Le recrutement se fera :

  • Par le biais de fédérations professionnelles et/ou syndicats vétérinaires,
  • Par le biais des réseaux universitaires, notamment pour les enseignements généraux non directement liés à la médecine vétérinaire tels les enseignements de génétique, physiologie, biologie moléculaire, statistiques, hygiène, nutrition humaine ainsi que les sciences humaines,
  • Au niveau européen (voire international), notamment pour les vétérinaires avec doctorat universitaire, en lien avec l’association européenne des Universités en Life Science (ICA).
  • Par cabinet de recrutement pour les cadres dirigeants.

Quel serait le coût de la formation ? Comment ce coût élevé se justifie-t-il ?

Le coût de la formation sera de l’ordre de 15 000€/élève/an en moyenne. Il se justifie notamment par les infrastructures importantes (hôpital clinique, salle d’autopsie, …) et le personnel requis pour assurer l’encadrement de la formation (environ 150 salariés, dont 90 enseignants). Dans les dernières années de la formation, la réglementation exige un taux d’encadrement de 1 professeur pour 2,5 élèves.

La formation de vétérinaire ne serait pas aidée par des subventions d’Etat spécifiques, ce qui explique ce montant important et l’écart existant avec les formations des écoles publiques, qui sont, elles, prises en charge à 90% par l’Etat. Dans le public, la formation d’un vétérinaire coûte environ 40-45 000€/élève/an.

Afin de permettre au plus grand nombre de suivre la formation, un certain nombre de mesures sont envisagées, comme un système de bourses en interne pour les élèves en situation économique fragile par exemple.

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?

Récemment, la loi sur la Programmation de la recherche 2021-2030 a permis une modification du code rural ouvrant la formation vétérinaire à des établissements privés sous contrat. Cependant, nous attendons encore les décrets d’application du Ministère de l’Agriculture qui donnera le feu vert pour les dépôts de projets.

Parallèlement, les projets seront évalués afin de vérifier qu’ils répondent au cahier des charges défini.

Si le projet d’UniLaSalle est retenu par le Ministère à la suite de ces étapes, alors nous pourrons lancer l’école, notamment en recrutant le personnel nécessaire (directeur de formation, enseignants-chercheurs) et en commençant la construction des infrastructures. L’ouverture de la première promotion pourrait avoir lieu en septembre 2022, si tout se déroulait favorablement.