Jeudi 11 juin 2026

Du 6 au 10 mai, des étudiants en Géosciences et Environnement d'UniLaSalle ont parcouru le Massif central : une future mine de lithium, de l'orpaillage en rivière et d'anciens bains romains. Le genre de semaine qui donne du sens à une vocation.

Chez nous, on répète souvent qu'on ne devient pas géologue dans une salle de cours. C'est vrai, et ce Field Trip dans le Massif central en est une nouvelle preuve. Pendant cinq jours, des étudiants du Student Chapter SEG-SGA et de l'association Opale sont allés voir, toucher et comprendre ce qu'ils étudient le reste de l'année. Organisée par les étudiants eux-mêmes, la sortie a réuni des promotions de la 1re à la 4e année, signe que la curiosité du terrain ne se commande pas : elle se transmet. Voici ce qu'ils en ont rapporté.

Échassières, ou la naissance du lithium français 

Première étape, et sans doute la plus marquante de la semaine : la carrière de kaolin d'Échassières, exploitée par Imerys. C'est ici que se prépare le projet EMILI, la première mine de lithium de France. Quatre géologues ont accueilli le groupe pour présenter le minerai, le contexte géologique, puis ce projet qui pourrait peser lourd dans la décarbonation de nos transports. Dans la carothèque, les étudiants ont lu le granite carotte après carotte, à la recherche de la lépidolite, ce mica qui renferme le lithium de nos futures batteries.

 

Pour les étudiants du parcours Ressources Minérales et Énergétiques de la formation d'ingénieur en Géosciences et Environnement, voir ce projet de leurs propres yeux change tout. On peut décrire en cours la chaîne qui va du forage à l'analyse géochimique en laboratoire, expliquer comment se détermine la teneur en lithium d'une roche. Mais comprendre vraiment ce que représente un site exploité depuis 1848, et l'ampleur de ce qui s'y joue aujourd'hui pour la France, ça demande d'y être. Ce jour-là, le cours avait pris corps.

Une journée entière sur les traces de l'or

Le lendemain, place à l'or, avec une journée pensée autour de ce seul métal. Le groupe a commencé par la Maison de l'or au Chalard et son musée, qui raconte l'histoire de l'extraction aurifère dans la région. Trois sites ont suivi : une aurière gauloise, l'ancienne mine du Bourneix et la faille de la Renardière. De quoi mesurer que l'humain creuse ici depuis très, très longtemps.

 

L'après-midi, les bottes dans l'eau, les étudiants se sont initiés à l'orpaillage à la batée dans un ruisseau de Jumilhac, guidés par un passionné, ancien géologue d'exploitation aurifère. Loin du folklore, la batée reste une technique de prospection bien réelle : c'est en lisant les sédiments qu'on devine la présence d'un gisement. Chacun est reparti avec ses propres paillettes au fond de la cuvette. Petite récompense, et surtout vraie leçon de patience, celle-là même qu'on retrouve sur le terrain dès le Bachelor en sciences et ingénierie Géosciences et Environnement, dont les premières semaines d'école de terrain commencent justement dès la 1re année.

Volcans, sources et bains romains

On ne traverse pas le Massif central sans croiser ses volcans. Le groupe a visité l'ancienne carrière de pouzzolane au sommet du Lemptégy, avant de s'arrêter devant deux curiosités qui racontent le sous-sol mieux qu'un long discours : une résurgence de bitume naturel au Puy de la Poix, près de Clermont-Ferrand, et une source d'eau thermale à Saint-Floret. Deux remontées venues des profondeurs, deux visages d'un territoire qui n'a jamais vraiment cessé de travailler.

Les derniers kilomètres ont conduit les étudiants aux grottes du Cornadore, à Saint-Nectaire, d'anciens bains thermaux romains façonnés par l'activité hydrothermale, puis autour du lac Pavin. Ce lac presque parfait cache une naissance brutale : un phénomène de phréatomagmatisme, quand le magma rencontre l'eau, que la rencontre explose et qu'il ne reste qu'un cratère. Un dernier site pour rappeler que la géologie, ce sont aussi des histoires spectaculaires, à condition de savoir les lire.

Cinq jours, des centaines de kilomètres, et des étudiants rentrés un peu différents de ceux partis le 6 mai. C'est ça qu'on cherche, au fond, dans nos formations en Géosciences et Environnement, ingénieur comme bachelor : des semaines de terrain qui ne s'oublient pas, où l'on comprend enfin pourquoi on a choisi cette voie. Un grand bravo aux étudiants du Student Chapter SEG-SGA et d'Opale, qui ont tout organisé eux-mêmes. La relève donne envie.