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Changement climatique : l’action, au-delà des discours

Suite à l’étude ClimA-XXI réalisée sur le campus de Rouen d’UniLaSalle, deux étudiantes de l’école ont présenté leur travail lors d’un séminaire sur la gestion de l’eau organisé par l’Université de Rouen.

Depuis 3 ans, Pierre-Yves Bernard, enseignant-chercheur en agronomie et Frédéric Levrault, expert « Agriculture & Changement climatique » des Chambres d’agriculture réalisent une étude sur les impacts à venir du changement climatique sur l’agriculture française.

Ces travaux menés de concert avec les étudiants du DA Agronomie ont abouti à la création d’un outil d’analyse, que les acteurs du monde agricole, comme les Chambres d’Agriculture sont de plus en plus nombreux à plébisciter : « ClimA-XXI s’appuie sur une base de données publique* constituée de projections climatiques locales à trois horizons de temps : fin XXème (1961-1990), moitié XXIeme siècle (2021-2050) et fin XXIème siècle (2071-2100) », explique Noémie Rollet, étudiante en 5ème année.

Démontrer le stress hydrique

A la suite de ce travail, il a été proposé aux étudiants de faire une présentation orale lors du séminaire international « Eau et Climat » qui s’est tenu les 20 et 21 décembre 2018 à l’Université de Rouen. Cette présentation reposait sur certains résultats de l’édition 2017 de ClimA-XXI. « Ce colloque est majoritairement axé sur l’eau et la gestion de l’eau » poursuit Noémie, « Notre objectif était de présenter les résultats de nos travaux réalisés grâce à un outil basé sur la modélisation qui soit vraiment applicable sur le terrain et qui permette d’aborder les problématiques hydriques avec une vision à long terme. Cette présentation a démontré aux scientifiques présents le lien possible entre les travaux de recherche sur le changement climatique et les applications dans le monde agricole, ce qui a été félicité ».

Les résultats de l’étude questionnent fortement l’agriculture française du XXIème siècle. Dans leurs écrits, les étudiantes mettent en avant une « Une réduction des pluviométries pouvant atteindre jusqu’à 20% sur le pourtour Méditerranéen d’après le modèle utilisé qui entrainerait une diminution des précipitations en été et une baisse de la recharge en eau donc un niveau d’eau dans les nappes revu à la baisse ce qui va entrainer un réel conflit d’usage en été entre eau potable et eau réservée à l’irrigation ».

Si à l’heure actuelle l’outil ne permet pas de faire de bilans hydriques complets, de calculer les niveaux de stress des plantes, ou de calculer les rendements des cultures, Julie Bartier, également étudiante en 5ème année s’interroge sur les mesures prises pour remédier à cette situation et freiner l’emballement climatique : « Ce qui m’étonne c’est que les projets de recherche  ne prennent pas plus en considération ces résultats. La plupart des projets de recherche sont généralement basé sur le court terme, c’est-à-dire les 10 prochaines années, mais dans 50 ans, on fait quoi ? »

Sensibiliser au changement climatique

Le professionnalisme de ce projet a amené les Chambres d’Agriculture à déployer largement ClimA-XXI. Prochainement, les conseillers des chambres bénéficieront d’une formation qui va leur permettre d’utiliser les indicateurs développés par les étudiants : « On sent une vraie volonté de leur part de s’attaquer au changement climatique. Plusieurs d’entre elles nous ont sollicité pour les accompagner ! » S’enthousiasme Julie, « L’idée, maintenant, serait d’intégrer ces tendances-là dans nos futurs métiers, puisque nous y avons été sensibilisés durant notre formation d’ingénieur en agronomie ».

* données issues du projet de recherche SCAMPEI (2009-2011)